QUELQUES ESPECES REMARQUABLES DU HAUT ALLIER
Dans les milieux de landes et de broussailles

La Pie grièche écorcheur : Ce passereau a peine plus gros qu’un moineau est capable de chasseur de gros insectes, et des lézards voire des petits mulots. Il constitue des garde-mangers (lardoire) près de son nid, en empalant ses proies sur un épineux ou un barbelé. Le mâle de la Pie-grièche écorcheur est reconnaissable à son dos roux, la tête grise et sa poitrine blanc crème, un bandeau noir aux yeux et son bec légèrement crochu. Il ne possède aucun lien de parenté avec la pie bavarde. Elle niche dans les landes à épineux (prunelliers, ronces, aubépines et riche en insectes) alternées de zones herbeuses, pour chasser. Vous le verrez posté à la sime d’un buisson, à l’affut de proies, en émettant des cris grinçants caractéristiques, et plonger furtivement dans les herbes dès qu’un insecte apparait. Abondante sur le haut Allier, la pie grièche écorcheur est dépendant de l’activité agro-pastorale et disparait dans les zones de culture
Circaète Jean Le Blanc : Avec ses 1m80 d’envergure, le Circaète Jean le Blanc est le plus grand rapace nicheur du haut Allier et se reconnait facilement à son plumage, blanc moucheté dessous, brun barré d’une bande rousse dessus. Il niche dans les grands arbres des forêts de pentes exposées au soleil levant et viennent chasse sur les landes et les prairies, autour de Saint-Ilpize, où il trouvera les reptiles (plus de 700 vipères, couleuvres et lézards par an) qui constituent l’essentiel de sa ressource alimentaire. On peut souvent l’observer, en recherche de proies, en vol stationnaire au-dessus des pentes ensoleillées, Arrivé mi-mars, le couple produit un poussin unique qui sera choyé durant les cinq d’élevage et repart pour l’Afrique sahélienne pour passer l’hiver. Ce rapace est limité au sud de la France et est bien représenté sur le haut Allier avec 35 couples recensés.
Autres espèces : Ces milieux de transitions, entre pelouses et stade pré-forestier constitue des mosaïques qui hébergent une grande diversité d’oiseaux insectivores : l’Accenteur mouchet, les Bruants fous et jaunes, l’hypolaïs polyglotte et le Tarier pâtre, les perdrix, la Fauvette grisette et même la rare Fauvette orphée, plus méditerranéenne, peuvent se laisser entendre dans les fourrés au printemps.
Sur les Lisières et dans les landes arbustives
Ces écosystèmes complexe forment une transition entre les landes couvrant les anciens parcours à mouton et les forêts de pente de la vallée de l’Allier. Les jeunes arbres essentiellement des pins et des chênes s’installent peu à peu dans les landes à genêt et à épineux puis colonisent jusqu’à les supplanter.
Engoulevent : C’est dans les lieux que va s’installé l’Engoulevent d’Europe, un curieux oiseau qui ne sort qu’au crépuscule, et qui manifeste sa présence par un chant stridulant « rrrrrrrrrrrrr » ressemble à une machine à coudre. Tapi au sol ou sur une branche, son plumage moucheté (mimétisme avec les couleurs du milieu) le rend invisible le jour. Il s’active le soir venu et vous le verrez avec ses ailes élancées d’une envergure de près de 60 cm, parcourir landes et prairies, volant au ras de la végétation, en quête d’insectes. La femelle pond deux nichées de deux œufs à même le sol, entre mai et mi-septembre avec de migrer pour la brousse africaine. A l’Antiquité, on le croyait « têteur de chèvre » qu’où son nom latin « caprimulgus ».
Busard saint martin : Ce rapace rare et discret dont on reconnaitra facilement le mâle, qui est gris marqué de noir au bout des ailes noires, tandis que la femelle est, elle, brune avec un croupion blanc. Tout comme son cousin le busard cendré, il a la particularité de nicher au sol, et choisit les landes boisées où dominent les genêts, l’aubépine et les ronces. Gracile, le Busard Saint Martin à l’envergure d’une buse mais est deux fois plus léger, ce qui lui permet de chasser au raz de la végétation, de petits rongeurs, de reptiles et d’oiseaux. Ce migrateur partiel est visible toute l’année sur le haut allier.
Autres espèces : Ces landes forestières, de St Ilpize accueillent notamment le merle noir, Bruant zizi, le Verdier d’Europe, Rossignol Philomèle, la linotte mélodieuse, les mésanges charbonnières et à longue queue, le merle la fauvette des jardins.
Dans les pelouses, les prairies et les cultures
Les pelouses rases évoluent sur des sols pauvres, caillouteux et rocheux qui se caractérise par la présence plantes adaptées à la sécheresse du milieu tels que les fétuques, les orpins, les œillets, la saponaire de Montpellier, des lichens et des mousses. Ces habitats sont favorisés par le pastoralisme et constitue l’habitat privilégié de quelques espèces de passereaux cherchant à nicher aux sols.

L’Alouette lulu est assez commune sur le haut Allier, et égaie les lieux pelouses rases clairsement de arbres, de son chant descendant typique « lulululu … ». Il appréciera de se poster sur un arbre pour émettre ses chants territoriaux. Son plumage brun roux strié de noir, la camoufle dans son environnement. On l’observe dès février, le couple construit un nid fait d’herbes sèches dans une dépression du sol et y dépose, d’avril à juillet, deux à trois pontes pouvant compter cinq œufs. Ce migrateur repart qu’une fois les grands froids arrivés, vers les plaines du pourtour méditerranéen.
Les prairies et les cultures, régulièrement entretenus par les vaches et les ovins, ou remaniés par les machines agricoles qui mettent à nu les sols, peuvent périodiquement être le lieu de niché des alouettes des champs, des perdrix, ou du Busard cendré, rapace protégé en Europe, pouvant venir chasser sur les croupes des rebords des gorges. Le Vautour fauve, peut être vu périodiquement, de passage, depuis les gorges lozériennes, pour nettoyer les pâturages de quelques animaux morts …
Dans les Forêts
Les forêts couvrent plus de 50 % de la vallée de l’allier, et occupent les pentes anciennement pâturées ou cultivées en terrasse. Le pin sylvestre et les chênes s’épanouissent sur les zones ensoleillées tandis que le hêtre et le sapin blanc se limitent sur les ambiances plus friches des ubacs.

Milan royal : On peut considérer le Milan Royal comme l’emblème des rapaces d’Auvergne tant ses populations y sont importantes à l’échelle de l’Europe. Avec sa queue fourchue caractéristique, ses couleurs fauves, sont envergure de 1m50 et ses longues ailes marquées d’une large bande blanche, ce rapace est facilement reconnaissable. Son vol lent accompagné de sifflements ondulés animent les prairies, les landes et les bocages, site qu’il aime parcourir en recherche de rongeurs, de serpents, d’insectes, ou de petits animaux morts. Il niche dans un grand arbre au milieu de bosquets. Ce migrateur partiel, est visible toute l’année sur le haut-Allier.
Aigle botté : Ce petit aigle d’à peine 1.20m d’envergure, est rare et discret. On le reconnait à ses couleurs contrastés, blanc et noir mais certains individus peuvent être complément sombres et portent une tâche blanche située à la base des ailes. Il niche vers la sime de grands sapins, au cœur des vieilles futaies mixtes des gorges encaissées de l’Allier. Les chanceux pourront observer l’espèce, dès avril, au dessus des zones ouvertes des gorges où il vient chasser des oiseaux et d’autres proies. Les parades se manifestent en d’étourdissants piqués aériens qui pourront être visible sur les bois environs. Deux jeunes pourront naitre et grandiront jusqu’aux départs de migration, en septembre. Très fidèles, les couples reviendront chaque année sur leur site de nidification habituel.
Bondrée apivore : Semblable à une buse, muni d’une large queue arrondie et de bandes sombres au-dessous, la Bondrée occupe les forêts mixtes où elle niche. Mais elle chasse dans les pâturages et les landes en mosaïque, des petits rongeurs et surtout des essaims sauvages de guêpes ou de bourdons (œufs, larves, nymphes et adultes). Ce grand migrateur, passe une grande partie de l’année en Afrique et ne s’observe dans nos régions que d’Avril à août. Vous pourrez, avec un peu de persévérance, observer ce discret rapace, dans ses parades éblouissantes, où l’oiseau entame de grands festons aériens et « applaudit » de ses ailes. A peine les deux jeunes sortis du nid, les familles repartent en migration est vol groupé de plusieurs dizaines d’individus, durant le mois d’aout.
Pic noir : Très discret, le plus grand des pics d’Europe s’entend régulièrement sur le haut Allier. Il est noir, mini d’une calotte rouge, et attend 50 cm de la tête a la queue. Il trahit sa présence de son chant « wet wet wet … » et en tambourinant puissamment sur un arbre. Le pic noir affectionne les vieilles futaies, principalement peuplées de hêtres et y creuse dans les troncs une loge pour y installer leurs nichées. Ces trous pourront être ultérieurement utilisés par d’autres espèces telles que la martre, les chauves-souris…
Autres espèces : C’est le lieu de vie privilégier du coucou gris, de la Fauvette à tête noire, du pouillot véloce, de la Grive musicienne, du Roitelet triple bandeau, de la Mésange huppée, des pics, la Tourterelle des bois, de la Chouette hulotte, de la Buse variable, …
Dans les Rivières
L’Allier, en suivant ses vastes méandres encaissés et ses affluents, forment une succession de milieux aquatiques diversifiés, entre faciès de torrents et de calmes, en permanence modifié par des crues d’automne et de printemps, parfois violente. Celles-ci façonnent le lit et les berges, créant localement des ilots, des bras secondaires ou des bras morts, et alternant entre plages de galets, berges rocheuses et forêts alluviales.
Martin pêcheur : Le martin pêcheur, est un discret hôte de la rivière qui se manifeste par ses cris stridents et bref, posté sur une branche basse dominant les flots de la rivière, à l’affût de petits poissons imprudents venant vers la surface. Vous pourrez voir l’oiseau, par la brève apparition, dans un vol furtif, tel une petite flèche émeraude, et orangé, rasant l’eau. Il fréquente les talus de sables et graviers, en berges de rivière, où il installe son nid. Les couples se reforme dès Mars et creusent dans la berge un couloir horizontal de plus de 50 cm donnant sur une chambre, où la femelle y pondra deux pontes de six œufs maximums. Cet oiseau est un marqueur de la bonne vitalité des cours d’eau, dans l’habitat n’est dû qu’à la régularité des crues.

Milan noir : Le Milan noir se reconnait à sa queue moins échancrée que chez le milan royal, et à la livrée brun sombre de son plumage. Il installe souvent son nid dans un grand peuplier, au cœur des forêts alluviales de l’Allier mais peut s’éloigné du milieu aquatique pour des haies ou des bosquets proches de pâturages. Il orne l’air de morceaux de plastiques ou de chiffons qui le consolidera. Charognard et opportuniste, il aime chasser des poissons au ras de l’eau, ainsi que des campagnols et des insectes dans les zones agricoles. Trois jeunes sont élevés entre avril et fin juin et c’est au bout de soixante-dix jours qu’ils quittent le nid. Dès Août, on observe des rassemblements de Milans noirs et des passages migratoires a travers la vallée de l’Allier, en direction du SW, pour l’Afrique.
Le Pic cendré, rare cousin du pic vert, nichant discrètement sur les grands arbres des bords de rivière.
Autres espèces : Ce coin de rivière accueille également une foule d’espèces aquatiques tel le Cincle plongeur, apnéiste des eaux torrentielles, qui chasse les insectes du fond du lit, le Chevalier guignette, petit limicole venant pondre à même les galets des berges de la rivière, mais aussi, le Canard colvert, le Héron cendré, le Goéland leucophé et le Grand Cormoran, hivernant sur les rives forestières.
Les migrateurs : L’Allier est un axe de migration privilégier pour les oiseaux de l’ensemble de l’Europe en partance pour l’Afrique, et il n’est pas rare d’observer le passage d’un de ces migrateurs entre août et octobre, autour de Saint Ilpize tel le Balbuzard, l’aigle pêcheur des grands fleuves, telles les élégantes Cigognes blanches et Cigognes noires, ou encore l’Aigrette garzette et sa cousine la Grande Aigrette, deux hérons que l’on observer régulièrement en hiver sur le cours de l’Allier et ses abords.
Dans les falaises
Les falaises rocheuses de granit ou de basalte, abondantes dands les gorges, accueillent une avifaune très spécifique y recherchant des lieux de quiétude pour nicher :
Faucon pèlerin : Ce rapace effilé d’1m10 d’envergure, gris dessus et blanc mocheté dessous, est un maître incontesté des airs, connu comme le plus rapide au monde. Il chasse les oiseaux volant en se laissant tomber à plus de 250 km/h pour les percuter et les assommer. Il aime se poster sur un point haut de la vallée et choisi une vire inaccessible aux prédateurs pour nicher, dès mars pour élever jusqu’à quatre jeunes qui pourrons s’envoler en juin, si la nourriture a été abondante. Son observation sur les landes rocheuses reste rare et fugace, et c’est avec de la chance que l’on pourra observer cet emblème du retour de la faune sauvage, après des décennies d’absence.

Grand-duc d’Europe : Le Grand-duc est le plus grand rapace nocturne avec ses 1m80 d’envergure. Il possède des aigrettes proéminentes, des grands yeux orangés, un plumage brun/roux. Mais c’est par son chant grave et puissant « Oû-Oh » que vous pourrez déceler la présence de ce discret nocturne, au début de l’hiver om il commence ses parades. Il sort au crépuscule pour chasser, de son vol totalement silencieux, des oiseaux, des rongeurs, des hérissons et autres mammifères, sur les prairies et les landes de la vallée mais choisi un versant rocheux abrité derrières des arbres pour élever jusqu’à trois jeunes. Quasi absent auprès des décennies de percussion, l’espèce réoccupe la plupart des falaises de la vallée de l’Allier, aujourd’hui.
Autres espèces : Les falaises de la vallée de l’Allier est le lieu de vis d’autres espèces particulières, de l’hirondelle de rochers, aux teintes bruns-gris uniformes, ou encore du rare Tichodrome échelette, ce petit passereau aux ailes rouges des hautes montagnes venant passer l’hiver sur nos falaises.

